29 octobre 2007
Firmin et le géant
Oyez oyez braves gens
Oyez l’histoire de Firmin le potier
Sur les étagères tremblaient les jarres
Dehors courraient les villageois
Le sol lui même semblait instable
Plus grand que le plus haut des pins
Plus fort qu’une montagne
Plus méchant qu’une horde de barbares
Un terrible géant
Détruisait le village voisin
De rien ni de personne Firmin jamais n’eut peur
Sur ses échasses monté
Au géant allait montrer qui il était
Une demie journée la lutte fit rage
Evitant les arbres et les pieds immenses
Tournant frappant de son bâton
C’est avec un filet
Entourant les gigantesques mollets
Qu’il vint à bout du monstre
La brute entravée au sol s’effondra
Et sur des troncs cassé s’empala
Blessé épuisé trop affaibli
Des suites de ce combat Firmin décéda
Dans son airial notre potier fut enterré
Et les vieux du village racontent
Oyez oyez l’histoire de Firmin
Oyez l’histoire du géant par notre potier terrassé
26 octobre 2007
Le vieil arbre
Je me suis assis sous un arbre pour me reposer, un vieil arbre au cœur de la forêt. Son écorce était chaude et palpitait sous mon dos. Il n’y avait pas de vent et pourtant ses branches bougeaient. Etrangement je croyais qu’elles voulaient m’attraper.
Je me suis levé, je l’ai bien regardé, il dégageait une étonnante puissance. Une force indescriptible m’attirait vers lui. Ses racines puissantes du sol se soulevèrent dans un bruit répugnant, laissant retomber à terre de lourdes mottes noires. Trop tard…je ne pouvais plus m’enfuir. soulevant mon corps, l’une d’elles me précipita dans le trou béant ouvert sous mes pieds. Et je tombait, hurlant dans ma chute sans fin, essayant en vain de m’accrocher aux parois d’argile. L’odeur de la moisissure, l’odeur de la pourriture l’odeur de la mort bientôt me faisaient suffoquer. Dans le noir absolu des yeux rouges me regardaient tomber. Quelques fois je me sentais touché par des choses visqueuses et froides qui déchiraient ma chair. Je mettais mes dernières forces à expulser la terre de ma bouche.
C’est ce qui me réveilla. Je crachais de la terre. Son goût était ignoble rance et putride. Je me levais regardant avec effroi ce vieil arbre qui semblait rire. Le soir tombait. Mes ongles arrachés et recouverts de terre me faisaient souffrir. A reculons doucement je m’éloignais de cet endroit maudit, quand les racines dans un bruit répugnant se soulevèrent.
J’habite aujourd’hui au cœur de la ville, je ne sors de chez moi que pour me rendre à mon travail à deux rues d’ici, évitant le platane du parking qui me terrifie. Souvent quand le vent souffle et qu’il traverse ses branches, je l’entends qui m’appelle.
22 octobre 2007
La métamorphose de Firmin
Oyez oyez L’histoire de Firmin
Oyez oyez l'histoire de Firmin le potier
Au fond d’un sombre bois
Un rayon de soleil illuminait une verte clairière
Allongé sur l’herbe Firmin s’y reposait
Quand une douce musique son oreille vint réveiller
Des lutins dansaient autour de notre potier
En une parfaite ronde et se donnant la main
Chantant riant dispersant sur leur passage
Des poudres d’or et d’argent
Tard dans la nuit la fête se prolongea
Mais pour dans le monde des farfadets entrer
Firmin un marché dut accepter
Oreilles d’elfe et nez pointu
Au village revenu
De la risée des imbéciles
Firmin fut bientôt la cible
Mais Joyeux il travaillait
Et jamais plus belles poteries ne pourront sortir d’un atelier
Oyez oyez braves gens
Oyez l’histoire du potier en elfe transformé
18 octobre 2007
Les piliers (Photo de Jackyx)
C’est là entre ces piliers que j’ai décidé de mourir
Là que mes rêves me guident chaque soir
Au bruit des rames dans l’eau plongées
Quand les grenouilles entre elles dansent
Quand les pierres chaudes exhalent les senteurs de l’été
Quand le soleil entre eux se couche
Quand le soleil entre eux se meurt
Quand le hibou pousse son cri
Quand la lune se lève
Quand je pense à toi
13 octobre 2007
Firmin et les chevaliers
Oyez oyez cette histoire de chevaliers
Oyez l’histoire de Firmin le potier
Grand fracas à travers la forêt
Sur trois gros chevaux harnachés
Trois lourdes armures devant l’atelier s’arrêtèrent
Holà sais tu où se trouve Firmin le fabuleux potier
Firmin en face de toi tu as ô chevalier
Posant genou à terre dans un bruit de ferraille
Messire Perceval le seigneur remercia
Puis à Firmin présenta messire Mordred et messire Gauvin
D'Uther Pendragon les envoyés nous sommes
A Broceliande vous ramener nous devons
Car le Grand Merlin de vos services à besoin
Pour un alambic à fées fabriquer
Ne connaissant ni de grand Merlin ni de Pendragon
Firmin l’invitation accepta
Excité qu’il fut par l’idée qu’il se faisait
D’un alambic à fées
Sur sa mule son matériel chargé
Cliquetis de ferraille et éclats de lumières sous le soleil
En route la troupe se mit
Jamais Firmin on ne revit
Certains voyageurs affirment
Que chevalier de la table ronde il devint
Oyez oyez l’histoire de Firmin le potier
Oyez l’étrange histoire des mystérieux chevaliers
08 octobre 2007
LA PHOTO
J’étais petit et j’étais beau
J’avais une pelle et un seau
Grand sourire sur la plage
Il n’y a que moi sur la photo
Mais le temps fait des ravages
La mort est passée sur la plage
Fracassant les souvenirs
Et figeant à jamais ce sourire
J’ai retrouvé cette photo
La gorge serrée les mains tremblantes
Je pleure sur mon enfance
Qui me hante
04 octobre 2007
L'étonnante rencontre
Oyez oyez L’histoire de Firmin
Oyez braves gens l'histoire de Firmin le potier
Dès l’aube sortant de son carrosse
Portant perruque et haut de chausse
Un colosse dans l’atelier entra
Fort accent teuton à Firmin expliqua
Qu’il voulait un coffret
Tel celui que pour le roi il fabriqua
Fier de sa renommée
Au travail de suite notre potier se mit
A la table assit
Parchemin et plume d’oie
Le géant traçait des traits
Sur lesquels des taches il faisait
Dentelle de terre finement ouvragée
Le coffret au four fut porté
Les heures passaient la terre cuisait
Les parchemins sur la table s’accumulaient
Puis sur du velours posée
La merveille aux yeux de l’étranger fut présentée
Fort content de ce chef d’œuvre
En pièces d’or Firmin récompensa
Ses parchemins gribouillés dans une sacoche rangea
Sauf un que dans le coffret il déposa
Après y avoir inscrit
Für Anna Magdaléna
Johann Sébastian Bach
Oyez oyez l’histoire de Firmin
Oyez l’histoire du potier qui musicien point n’était


