Acerbitatis Mortis

08 mai 2008

L'arbre et la corde

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Je cherche une corde en chanvre

Et un arbre pour me pendre

Un vieil arbre au tronc trapu

Un grand arbre bien feuillu

Une branche au bois poli

Où je suspendrai ma vie

Olivier chêne ou mélèze

J’y oublierai mon malaise

Je cherche une corde en chanvre

Et un arbre pour me pendre

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21 avril 2008

La porte noire

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La porte était ouverte, alors je suis entré

La porte était ouverte, elle m’attirait

Odeur du salpêtre et de l’humidité

Fraîcheur de l’air et silence léger

La porte était noire comme mes pensées

Assis sur la dalle les jambes croisées

Je goûtait le calme et m’interrogeais

Puis j’ai senti sa présence à mon côté

Elle était là je le sais

J’ai pu la ressentir, j’ai pu la toucher

Quand j’ai voulu partir, la porte était fermée

La porte était fermée elle m’emprisonnait

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24 mars 2008

Pensées d'un vampire

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Comme tous les cent ans, je viens de me réveiller.

Cette nuit, je vais aller chasser.

Trouver quelques humains à saigner et à boire avant de me recoucher pour une centaine d’années.

Quelque chose dans l’air a changé.

Une étrange lueur entoure le cimetière, et des bruits que je ne peux identifier émanent de la ville proche.

A chaque fois c’est pareil je suis toujours surpris par le progrès réalisé par les hommes.

Hum ! pourvu que la qualité du sang n’en soit pas altérée.

Enfin, que mon festin soit agréable, et la chasse excitante.

Que je puisse rapporter à mon seigneur des ténèbres quelques belles âmes vierges et pures afin qu’il m’accorde un prochain réveil.

Aller je me risque à l’extérieur.

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29 février 2008

Le mourant

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Regardes moi , allongé et maigre sur ce drap

La mort m’a touché du doigt

Regardes moi, je ne vois plus que toi

Toi ma lumière dans la nuit qui vient

Viens me réchauffer encore une fois

Encore une fois toucher ton visage

Mes dernières forces pour te prendre le bras

Avant que le froid ne m’envahisse.

Comme elles sont chaudes tes larmes

Comme elles me font du bien

Et comme elles me brisent l’âme

Tant à partager et tant de temps perdu

La vie devant toi, la vie devant toi

En dieu je ne crois pas

Nous ne nous reverrons donc plus

Que de temps perdu

La mort m’a touché du doigt

Serres moi fort contre toi

La voilà …la voilà

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22 février 2008

La pierre

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Je dormais depuis plus de deux siècles allongé sous cette pierre

Bien sur au début je percevais le chagrin des vivants

Je sentais les fleurs des champs déposées sur mon nom avec amour

Mais les visites s’espaçant je me suis endormi pour toujours

Pourtant il y a quelques temps, je fus réveillé par une larme

Une larme tombée sur ma pierre tombale

Depuis je ressens régulièrement cette présence, douce et fragile

Je suis heureux, chaque jour je l’attends. Dès fois elle me parle

Et sa voix …sa voix me rappelle

.......

Je m’appelle Rose.

J’ai pris pour habitude de venir dans ce cimetière oublié

Sur cette tombe ancienne je m’assois et je laisse vagabonder mes pensées

La première fois, j’ai ôté de ma main la mousse pour lire la date gravée

1685 – 1750 alors j’ai pleuré en pensant à la solitude de ce lieu

Quelques fois je me surprends à parler à la personne ici enterrée

Et par curiosité la mousse j’ai continué à gratter

Sous la date il est écrit Ci-gît Firmin Le potier

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08 février 2008

Les figés

Presque deux heures. Presque deux heures que je suis là devant mon blog, devant cette photo prise cet après midi. Cette terrible photo. Deux heures que j’attends une réponse de quelqu’un n’importe où dans le monde, mais au moins une réponse ! suis je donc le dernier être humain non figé ?

J’étais assis derrière la cathédrale, cherchant le meilleur angle pour photographier l’ange de pierre. Je les ai vu arriver ces deux amoureux, choisir l’endroit pour immortaliser leur passage devant le célèbre édifice. En riant ils se sont installés là et … plus rien ils ne bougeaient plus ! figés ! c’est là que j’ai pris conscience du silence qui m’entourait. Me retournant brusquement, je les ai vu , tous comme gelés, voitures arrêtées, passants statufiés, et cette mamie devant son magasin, les enfants et le petit chien tous…Je les ai photographiés sûrement pour me rassurer me disant que non ! ce n’est pas possible, je dois rêver c’est un cauchemar ! Alors je suis rentré chez moi en courant comme jamais je ne l’avais fait. Evitant ces statues de chair, criant pour briser le silence de la ville morte. La radio était muette, la télé éteinte. Internet… oui voilà ! Internet mon blog ! poster les photos, attendre… attendre.

Presque deux heures. Presque deux heures que je suis là devant mon blog

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Ces deux superbes photos sont signées  L.

http://zoomsurlecoeur.com/wordpress/

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25 janvier 2008

Souvenirs de plage

Photo Valérie

http://art17.canalblog.com/

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6 juin 1944 6h15 Omaha beach. J’étais malade dans la péniche de débarquement. Le mal de mer, la trouille la vraie, celle qui paralyse. La plage était là sortant du brouillard. Quand les premiers obus sont tombés, je crois que je me suis pissé dessus. Mon ami henry avait vomi beaucoup plus que son corps devait contenir d’organes. Le bruit était assourdissant, puis d’un coup la porte est tombée.

Seul. Je me suis retrouvé instantanément seul et sourd au milieu d’un bateau rempli de cadavres tous déchiquetés par une bombe. Protégé que j’étais par les restes du corps d’henry. C’est la panique qui m’a obligé à me ruer à l’extérieur. enjambant mes camarades comme un fou qu’à cet instant je devais être. Un fou en enfer.

Je suis tombé à l’eau, j’ai coulé instantanément, quand mes pieds ont touché le sable, je voyais au dessus de moi ce halo lumineux au travers de l’eau ; ce halo de lumière et donc d’oxygène. Tel un scaphandrier pas après pas je remontais la pente. La lumière était plus proche, l’eau plus rouge . c’est entre deux cadavres mutilés que j’émergeais. respirant à plein poumons cet air saturé de l’odeur du sang et de la poudre.

Lentement je sortais de cette tombe liquide. J’avais retrouvé le sens de l’ouïe, et les hurlements des blessés m’étaient insupportables.

C’est à ce moment que je les ai vu ces deux cavaliers. Arrivant tranquillement, au trot au milieu des morts, traversant les barbelés sans même sans soucier. A mon niveau se sont arrêtés, m’ont poliment salué puis ont repris leur promenade sur la plage. Je les regardais s’éloigner sur une grève dégagée et claire comme un matin de vacances. L’enfer à ma gauche, le paradis à ma droite. Mais à travers leurs silhouettes je pouvais voir la falaise.

Là j’ai compris que je ne mourrais pas ici. Non, ni là ni maintenant. Alors j’ai marché droit vers le pied de cette falaise où s’abritaient mes camarades de l’horreur. Et j’ai ensuite marché bravant la mort, d’Omaha beach jusqu’au nid d’aigle de Berchtesgaden, couvrant ma poitrine de médailles et de galons.

Je reviens régulièrement tous les trois ans sur cette plage. Le temps n’efface pas le cauchemar

Si je griffonne ces quelques lignes à la hâte sur un bout de papier, c’est qu’aujourd’hui, je les ai revu, les cavaliers. Sur cette belle plage ensoleillée. Se sont arrêtés m’ont salué je sais maintenant que je vais mourir là. Je ne retournerai pas chez moi. Pas cette fois.

Lettre trouvée à côté du corps d’un touriste américain. Arthur Obson. Le commandant Obson qui débarqua sur la plage où il vient de mourir le 06 juin 2007.

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14 janvier 2008

Le portail

Photo ISIS

http://lejardindephilae.over-blog.com/

Le_portail

Inattendu et insolite en ce lieu, le portail était vieux, rouillé, entrouvert. Un portail seul, sans clôture, au milieu d’un bois, fiché dans le sol comme tombé de la lune. Je décidais de le franchir.

Je n’ai pas tout de suite pris conscience du vertige qui m’envahissait. Quand les arbres autour de moi se sont estompés pour ouvrir ma vue sur un horizon noir et étoilé, je me suis senti tomber dans l’infini; comme aspiré par un vide, un vide qui me portait.

Je marchais ou plutôt, je flottais en marchant sur un sol inexistant. Tout était étrange, j’étais dans un ciel de nuit. Emerveillé par tant de beauté, je n’ai pas vu arriver ces sombres créatures qui se confondaient avec ce paysage crépusculaire. Les premier frôlements me firent l’impression de traverser une géante toile d’araignée. La beauté de ce lieu magnifique se changea bien vite en cauchemar car je compris très vite, à la première morsure, être la proie d’une partie de chasse.

Je distinguais au dernier moment leurs petits yeux jaunes et blancs. Elles me semblaient nombreuses. Les terribles douleurs au sommet de mon crâne ne pouvaient qu’être faites par des créatures ailées. Le sang brouillait ma vue, je distinguais à peine ce petit point lumineux, loin trop loin. Ce portail maudit posé là comme un appât. Elles ne m’auront pas , pas moi.

Je me suis débattu, faisant tourner ma chemise au dessus de ma tête, leurs griffes me lasseraient le dos à chaque passage de cet essaim mortel. Il était là maintenant je pouvais voir les arbres, la lumière. Encore un effort un dernier. quelques mètres. Encore un effort.

Les rapports des experts stipulent que les trous dans ma chair ont été fait par des mâchoires acérées d’animaux inconnus. Une dent restée fichée dans mon omoplate est aujourd’hui exposée au musée de Brumevaire à côté des photo de mon corps mutilé.

De nombreuses battues organisées dans la forêt n’ont jamais permis de retrouver ni le portail ni aucun animal inconnu.

Je sais moi, que des êtres chassent l’humain comme nous le faisons avec les poissons. Des êtres qui utilisent notre curiosité pour nous attraper et nous dévorer.

Promeneurs méfiez vous des portail vieux, rouillés, entrouverts, des portails seuls, sans clôture, au milieu d’un bois, fiché dans le sol comme tombés de la lune

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17 décembre 2007

pour Valérie

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http://art17.canalblog.com/

LE CLOITRE

Je connais cette forêt depuis l’enfance. Jamais je n’y avais vu, ni même entendu parler de ce cloître en ruine.

La bâtisse était impressionnante. Haute, grise, les pierres ruisselantes de mousse lui donnaient l’impression de sortir du sol.

Je ne sais pourquoi je décidais d’y entrer. Au delà de la peur au delà de l’envie et de la curiosité, peut être l’appel de l’oubli.

A peine eus je passé les restes de la lourde porte vermoulue que je me retrouvais dans un monde que je ne devais plus quitter.

Je ne sais pas aujourd’hui depuis combien de jours, combien d’années, ou plus, je marche dans ces couloirs sans fin. Envers et endroit sont des mots sans sens. Haut, bas, ombre et lumière s’y mélangent à l’infini. Jours, nuits, ne sont plus réalité. Quelquefois, un fantôme connu vient me caresser la joue. Océans azuréens, pics enneigés, cieux étoilés, mon vaisseau de pierre traverse ces paysages au gré de ma pensée.

Existe il un endroit que je ne puisse traverser ? l’endroit dont j’ai toujours rêvé, l’endroit que personne ne connais.

Assis sur les marches de pierre, sous le porche où brille un étrange soleil, je ferme les yeux et pense à la mort.

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20 novembre 2007

Le monstre du chauffe eau

PHOTO SALAMMBO

http://declicetclac.canalblog.com/

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Je regrette d’avoir vu ca que je n’aurais pas du voir, hier soir au fond de mon couloir.

Une répugnante créature vaguement humaine se déplaçait vers la chaudière.

Paralysé par la terreur, je regardais ce corps translucide et d’apparence visqueuse se mouvoir dans un bruit de succion. Elle portait sous ce qui lui servait de bras, une masse noire, informe et molle.

Le souffle coupé, tremblant, je dus dans un imperceptible mouvement, faire craquer le plancher sous mes pieds.

Se retournant vivement, la chose planta son regard dans le mien. Deux yeux noirs comme la mort au dessus d’une double rangée de crocs.

Lâchant sa charge sur le sol, elle accéléra sa terrible démarche vers la chaudière, s’agrippa aux tuyaux et disparut dans l’appareil. Il me fallut de longues heures avant de pouvoir poser un pied devant l’autre. La sensation de réapprendre à marcher. Les cinq mètres qui me séparaient de la masse noire abandonnée au sol étaient pour moi une torture et me paraissaient une infranchissable distance.

Doucement, comme peuvent se déplacer les vieux, en glissant les pieds, j’arrivais à quelques centimètres de ce que tout d’abord je ne pus reconnaître. Jusqu’à ce que je vis au milieu de cet amas de chair et de poils le collier de mon chat.

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15 novembre 2007

Hommage à Lord Keltes

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http://forgottenlegends.canalblog.com/

Pour le repos de mon âme en ton royaume accueilles moi

Abandonné par mon père, crucifié par les hommes

Satan protèges moi de Dieu

Pour les tueries en mon nom dans les siècles futurs

Satan protèges moi de Dieu

Pour les tortures et les bûchers, les guerres de religions

Satan protèges moi de Dieu

Pour les papes complaisants, les prêtres pédophiles

Satan protèges moi de Dieu

Pour les armes bénies sur les champs de batailles

Satan protèges moi de Dieu

Pour les savants bannis, les artistes brûlés

Satan protèges moi de Dieu

Pour les enfants qui meurent de faim en regardant la croix

Satan protèges moi de Dieu

Pour le repos de mon âme en ton royaume accueilles moi

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08 novembre 2007

Hommage à Laudith

Pour la suite de son texte sur http://laudith.canalblog.com/ Le prince de la nuit

Une folie de feu de rage et de douleurs s’abattit sur le village au pied du château. Les siècles passés avaient effacé la légende des esprits. Depuis longtemps déjà les hommes ne contaient plus d’histoires autour de la cheminée.

Quand au milieu des voitures apparut sur son cheval le prince des ténèbres, l’incompréhension se lisait sur les visages apeurés.

Galopant sans éviter les obstacles, une épée d’obsidienne à la main, il décapitait ceux qui étaient à sa portée. Laissant derrière lui une traînée de feu échappée des sabots de son cheval de l’enfer.

Fracassant les portes, entrant dans les maisons, comme un papillon de mort attiré par la lumière éclairant les fenêtres, en peu de temps le village ne fut plus que brasier et sang répandu.

Sa vengeance accomplie, il est reparti comme il était arrivé, de nulle part. la poignée de survivants hébétés qui furent retrouvés errant dans les ruines, frappés par la folie racontaient des choses incompréhensibles.

Je sais la vérité. J’ai lu les écrits anciens. Je sais que ces survivants il viendra les chercher car nul dans le village ne peux lui échapper. En comptant les âmes, il verra qu’il en manque une. Mais il ne m’aura pas vivant.

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02 novembre 2007

Le visage

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Chaque nuit de tempête, sur les remparts du vieux château balayés par le vent et les embruns, mystérieuse silhouette en robe blanche, elle marchait défiant les éléments.

Personne au château ne la voyait. Depuis des années, quand les éclairs zébraient le ciel assombri j’étais le seul à apercevoir cette créature fantomatique, l’étrange beauté de sa démarche, ses longs cheveux portés par le vent.

Les rêves incessants qui hantaient mes nuits, me poussèrent sur le chemin de ronde ce soir de septembre. Le vent hurlait faisant trembler les ancestrales fenêtres, et c’est avec difficulté que je réussis à ouvrir la lourde porte de chêne. Emmitouflé dans un manteau, je m’accroupis entre deux créneaux tel les gargouilles de granit qui vomissaient l’eau du donjon par leurs hideuses gueules. Avec anxiété je guettais son apparition.

Elle est arrivée par la tour nord. Marchant vers moi sans crainte, elle n’était nullement gênée par la pluie qui passait en rafale au dessus des hauts murs de pierre. J’étais subjugué par cette surnaturelle beauté, quand un éclair violent de clarté me fit apercevoir sous la pluie son visage. Son visage, comment l’oublier. Comment oublier l’horreur que je vis. La peur me fit reculer violemment et je tombais du haut des remparts.

Les siècles ont passés, je hante les ruines de mon château, et j’invoque le diable chaque nuit de tempête pour qu’il me laisse mourir enfin, mais je suis condamné à revoir ce visage battu par la pluie. On ne peut le voir et mourir. Juste éternellement hurler de dégoût

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26 octobre 2007

Le vieil arbre

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Je me suis assis sous un arbre pour me reposer, un vieil arbre au cœur de la forêt. Son écorce était chaude et palpitait sous mon dos. Il n’y avait pas de vent et pourtant ses branches bougeaient. Etrangement je croyais qu’elles voulaient m’attraper.

Je me suis levé, je l’ai bien regardé, il dégageait une étonnante puissance. Une force indescriptible m’attirait vers lui. Ses racines puissantes du sol se soulevèrent dans un bruit répugnant, laissant retomber à terre de lourdes mottes noires. Trop tard…je ne pouvais plus m’enfuir. soulevant mon corps, l’une d’elles me précipita dans le trou béant ouvert sous mes pieds. Et je tombait, hurlant dans ma chute sans fin, essayant en vain de m’accrocher aux parois d’argile. L’odeur de la moisissure, l’odeur de la pourriture l’odeur de la mort bientôt me faisaient suffoquer. Dans le noir absolu des yeux rouges me regardaient tomber. Quelques fois je me sentais touché par des choses visqueuses et froides qui déchiraient ma chair. Je mettais mes dernières forces à expulser la terre de ma bouche.

C’est ce qui me réveilla. Je crachais de la terre. Son goût était ignoble rance et putride. Je me levais regardant avec effroi ce vieil arbre qui semblait rire. Le soir tombait. Mes ongles arrachés et recouverts de terre me faisaient souffrir. A reculons doucement je m’éloignais de cet endroit maudit, quand les racines dans un bruit répugnant se soulevèrent.

J’habite aujourd’hui au cœur de la ville, je ne sors de chez moi que pour me rendre à mon travail à deux rues d’ici, évitant le platane du parking qui me terrifie. Souvent quand le vent souffle et qu’il traverse ses branches, je l’entends qui m’appelle.

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18 octobre 2007

Les piliers (Photo de Jackyx)

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C’est là entre ces piliers que j’ai décidé de mourir

Là que mes rêves me guident chaque soir

Au bruit des rames dans l’eau plongées

Quand les grenouilles entre elles dansent

Quand les pierres chaudes exhalent les senteurs de l’été

Quand le soleil entre eux se couche

Quand le soleil entre eux se meurt

Quand le hibou pousse son cri

Quand la lune se lève

Quand je pense à toi

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08 octobre 2007

LA PHOTO

J’étais petit et j’étais beau

J’avais une pelle et un seau

Grand sourire sur la plage

Il n’y a que moi sur la photo

Mais le temps fait des ravages

La mort est passée sur la plage

Fracassant les souvenirs

Et figeant à jamais ce sourire

J’ai retrouvé cette photo

La gorge serrée les mains tremblantes

Je pleure sur mon enfance

Qui me hante

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24 septembre 2007

Hommage à Lord

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Des lambeaux de brume du lac se déchiraient et montaient vers la lune . Accroupie sous les gibets où pendaient les suppliciés, une vieille femme cueillait les mandragores, arrachant à cette maléfique plante un cri de haine qui me glaçait le sang.

Je ne savais pas ce que je faisais là. Ce matin là, comme chaque jour, j’avais pris ma voiture pour aller travailler. Que s’était il passé, pourquoi étais-je là sur le bord de ce lac ?

Une branche morte sous mon pied craqua, la vieille me vit. Sur son bâton appuyée, grimaçante, elle approchait. De son sac coulait le sang des mandragores.

J’écris aujourd’hui ce parchemin, qui fera le voyage à l’inverse du mien. Voici ce que la vieille m’a dit.

" Tu es l’élu des temps futurs. Je suis Mélusine, gardienne des portes. Née avec le monde et ma vie touche à sa fin. Je t’ai choisi pour me remplacer. Ici tu restera, gardant futur et passé. Ouvrant, refermant les portes, gérant les périodes calmes et les atrocités de l’humanité. "

En quatre siècles, Mélusine m’a tout appris. Magie blanche et sorcellerie. J’ai recueilli dans ma bouche son dernier souffle de vie qui finit par sceller ma puissance.

Vous me devez les guerres et les épidémies. Vos malheurs à venir seront terribles pour arriver vers un âge d’or. Par millions se compteront les morts, car l’humanité est comme un chien ayant besoin d’être dressé.

Ce soir sous les gibets j’irai cueillir les mandragores, et leurs cris de détresse porteront ce parchemin jusqu'à vous. Il existe des portes à travers le temps des portes que certains humains ont su franchir pour finir brûlés ou crucifiés.

Tremblez et pensez aux paroles de Jean

Rapport de police :

Dans le véhicule abandonné nous avons retrouvé un parchemin. Nos équipes scientifiques ont pu le dater du XII siècle, pour l’encre utilisée et le parchemin lui même.

Monsieur P.A. n’aurait donc pas disparu mais se sera enfui avec un butin sûrement dérobé dans une collection particulière. Nous n’avons pas à ce jour enregistré de plaintes

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15 août 2007

Fermeture pour les vacances

oufffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff

A bientôt les loulous et louloutes

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08 juillet 2007

Le rêve prémonitoire de dieu

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27 juin 2007

L'ASILE (inspiré par une photo de Lord Keltes)

Là dans ma mémoire là dans ma chair

Cette grande maison délabrée aux fenêtres obstruées

Comment l’oublier sinon dans la mort.

J’y étais entré par curiosité, en explorateur

Et j’ai vite compris mon erreur.

J’ai couru pour m’échapper dans ses interminables couloirs

Défonçant les portes moisies.

Dans chaque pièce le faisceau de ma torche en éveillait d’autres.

Bientôt par dizaines, les corps décharnés à l’haleine fétide vers moi convergeaient

Ils scandaient mon nom sur un ton monocorde.

J’ai dû me battre pour franchir enfin la grande porte ouverte sur la nuit

Arrachant des bras et des têtes, donnant des coups de pied dans ces corps purulents.

L’ambulance qui m’emmène à l’asile vient de franchir un grand porche grillagé.

Au fond du parc se dessine une grande bâtisse dans l’obscurité.

J’entends comme dans un rêve hurler les infirmier.

Piqûre, Crise , démence, camisole…

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